Les joueurs de poker sont-ils accro à certains médicaments ?

Les joueurs de poker sont connus pour être des bluffeurs hors pairs et de grands stratèges. Et si leurs compétences étaient dûes à certains médicaments sur prescription ? De nombreuses études tendent en effet à montrer une corrélation entre les résultats de joueurs professionnels et leur consommation de substances, légales ou non, pour booster leurs fonctions cognitives. Mais qu’en est-il vraiment ?

Les joueurs de poker prennent-ils des médicaments ?

Les médicaments les plus plébiscités par les joueurs de poker

L’université de Floride a interrogé 198 joueurs de poker et a constaté que 28 % ont déclaré avoir pris au moins un médicament sur ordonnance pour améliorer leurs performances. Les médicaments, par ordre de popularité, étaient les amphétamines (62 %), les benzodiazépines (20 %), l’hydrocodone (18 %), le méthylphénidate (18 %), le lisdexamphet (7 %), les bêtabloquants (4 %) et le modafinil (4 %).

Selon le Times, les benzodiazépines sont des tranquillisants, l’hydrocodone est un analgésique et le méthylphénidate est normalement utilisé dans le traitement des troubles de l’attention et des troubles similaires.

Près de 40% des personnes interrogées ont déclaré avoir obtenu leurs médicaments sur ordonnance, tandis qu’un quart les recevaient d’autres joueurs de poker. Un autre quart ont acheté des médicaments à leurs pairs, tandis que 10 % les ont achetés en ligne. Parmi les autres substances ingérées par les joueurs pour réussir aux plus hauts niveaux, il faut également citer la caféine, les boissons énergisantes, la marijuana, la cocaïne et l’alcool.

Les compléments alimentaires sont également très populaires, puisque 46 % ont admis en prendre. Trente pour cent ont déclaré qu’ils prenaient de la vitamine B, tandis que 23 % prenaient du guarana.

80% des joueurs de poker dans le monde prendraient des substances pour booster leurs performances    

Une étude de l’Université Nova Southeastern récemment présentée lors d’une conférence nationale a révélé que 80% des joueurs de poker dans le monde ont déclaré consommer des drogues et d’autres substances pour améliorer leurs performances au poker. Les chercheurs de la NSU ont d’abord interviewé des joueurs à Las Vegas pendant les tournois World Series of Poker et le World Poker Tour, puis ont sondé des joueurs de poker en ligne du monde entier, y compris d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie. 

Les répondants comprenaient des joueurs de poker professionnels, des joueurs semi-professionnels, amateurs et récréatifs. Environ 73 pour cent des répondants ont déclaré qu’ils utilisaient des drogues et d’autres substances pour mieux se concentrer. Les autres ont déclaré utiliser ces produits pour se calmer, rester éveillés et booster leur mémoire.

Les joueurs de poker utilisent des drogues telles que la marijuana, la cocaïne, les amphétamines, le valium et d’autres médicaments sur ordonnance, ainsi que des substances telles que la caféine, les boissons énergisantes et le guarana pour avoir un avantage sur leurs adversaires.

L’utilisation de ces substances leur permettrait notamment de rester éveillés plus longtemps, ainsi que de mieux se concentrer sur la partie, ce qui représente un énorme avantage concurrentiel contre leurs adversaires. L’endurance est importante puisque les tournois de poker (en ligne et hors ligne) peuvent se dérouler sur plusieurs heures. L’utilisation de ces substances peut cependant également être nocive pour les joueurs de poker. Selon le type de substance, il faut en effet s’attendre à de possibles effets secondaires, aussi bien sur le court que le long terme. 

Certains médicaments peuvent-ils nous rendre meilleurs au poker : l’exemple de l’Adderall

Très populaire pendant de nombreuses années aux Etats-Unis, l’Adderall serait donc l’une des substances les plus plébiscitées par les joueurs de poker. L’Adderall est une formulation d’amphétamine couramment utilisée pour traiter le trouble d’hyperactivité avec déficit de l’attention, mais on pense généralement qu’elle augmente la concentration et l’agilité mentale chez les personnes qui ne souffrent pas de TDAH.

Cependant, son efficacité n’est pas aussi réelle que l’on pourrait le croire. Dans une étude menée par Martha J. Farah à l’Université de Pennsylvanie, les résultats ont montré que l’Adderall stimulait la pensée convergente (répondant à une question qui avait une réponse correcte) chez des sujets qui se comportaient auparavant à un niveau inférieur à la moyenne, mais affectant négativement des sujets qui étaient déjà performant au-dessus de la moyenne.

En termes de poker, cela pourrait signifier que l’Adderall aidera un mauvais joueur à mieux performer, mais pourrait nuire à un joueur pro déjà doué. La même étude a également décrit que si les améliorations de la performance mentale étaient difficiles à prouver dans tous les domaines, une chose était claire : les sujets pensaient tous qu’ils performaient à un niveau beaucoup plus élevé.

De plus, les personnes qui prennent de l’Adderall peuvent devenir dépendantes et subir des effets secondaires plus ou moins sévères tels que la perte d’appétit, la dépression et la paranoïa.